Gestion des catastrophes : Le CMC appelle à une vision stratégique au-delà des secteurs

Le Centre marocain de Conjoncture (CMC) livre sa lecture de l’impact socioéconomique du Covid-19 dans le Royaume. Le numéro 324 de sa publication mensuelle «Maroc Conjoncture» qualifie de foudroyantes les retombées du virus, en quelques semaines seulement.
Source : Le Matin
Posté Le : Jeudi 14 mai 2020

«Dans l’hypothèse d’un redressement graduel de l’activité au second semestre, la perte de valeur ajoutée au plan global (PIB) durant la période de confinement, extrapolée à l’ensemble de l’année, peut être estimée, au vu des données actuelles, autour de 3,2%», indique le CMC. Pour rappel, au début de la crise sanitaire, le Centre tablait sur une croissance du PIB de 0,8%.

Bien qu’il soit sévère, l’impact sectoriel de la pandémie reste difficile à évaluer. Ce dont le CMC est sûr en revanche, c’est qu’aucun secteur n’a échappé à cette crise. Pour lui, il est trop tôt pour mesurer l’ampleur de l’impact de cette crise sur l’économie nationale même si «certains indices permettent d’affirmer que celle-ci serait importante par comparaison aux crises mondiales auxquelles le Maroc, comme d’ailleurs plusieurs autres pays de par le monde, ont fait face par le passé», précise le Centre qui s’interroge également sur l’efficacité des mesures de soutien aux entreprises aux ménages. D’autant plus que cette «crise sanitaire, qui s’est muée en crise économique, est la plus importante depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et engendrera probablement l’une des pires récessions économiques de l’histoire moderne des pays».

Et il ne s’agit pas de la seule crise qui guette le Maroc et le reste du monde. «L’augmentation de l’exposition aux nouveaux risques, accentuée par des tendances telles que le changement climatique, et la mondialisation des chaînes d’approvisionnement, impose de trouver des stratégies adéquates pour gérer les catastrophes», souligne le CMC. Car malgré la mise en place de mécanismes d’assurances et de mécanismes de solidarité, le pays manque, selon le Centre, d’une vision stratégique de long terme, qui transcende les visions sectorielles.