Nouveau modèle de développement au Maroc

Pour Faire face à l’ampleur du déficit social, sa Majesté le Roi Mohammed VI a appelé à un nouveau modèle de développement au Maroc.
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Posté Le : Mardi 16 mars 2021

Nouveau modèle de développement au Maroc

Dans son discours d’ouverture du Parlement le 13 octobre 2017 devant les membres des deux Chambres du Parlement, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a appelé à un nouveau modèle de développement au Maroc en raison de « l’ampleur du déficit social » et des modalités de réalisation de la justice sociale et territoriale. « Si le Maroc a réalisé des progrès manifestes, mondialement reconnus, le modèle de développement national, en revanche, s’avère aujourd’hui inapte à satisfaire les demandes pressantes et les besoins croissants des citoyens, à réduire les disparités catégorielles et les écarts territoriaux et à réaliser la justice sociale », avait souligné le Souverain.


La CSMD pour placer le citoyen au cœur du nouveau modèle de développement au Maroc

En décembre 2019, une Commission Spéciale sur le Modèle de Développement (CSMD) a alors été mise en place. Revêtant un caractère consultatif, la CSMD se doit de procéder avec franchise, audace et objectivité à un état des lieux des réalisations du Royaume, des réformes engagées en tenant compte des attentes des citoyens, du contexte international et de ses perspectives d’évolution.

La CSMD a mis en place un dispositif ambitieux pour recueillir les attentes des citoyens et leurs principales préoccupations en matière de nouveau modèle de développement Maroc, ainsi que leurs propositions pour le Maroc qu’ils souhaitent. La commission adopte en effet dans le cadre de ses travaux, une approche participative, inclusive et ouverte sur tous les différents acteurs du développement et tous les Marocains.

Des partis politiques aux organismes internationaux spécialisés, en passant par les opérateurs économiques, les syndicats, les différentes composantes de la société civile, l'administration publique, les universités… tous ont été consultés à travers des séances d’écoute pour recueillir leurs contributions. De même, les membres de la Commission se sont déplacés aux quatre coins du Royaume de région en région pour organiser des rencontres citoyennes et des visites sur le terrain. Les séances d’écoute et ateliers de travail ont permis de rencontrer et d'écouter directement près de 10.000 personnes. Les réelles attentes des acteurs et des citoyens sur les territoires ont alors pu être appréhendées durant ces rencontres et à travers l'échange direct avec les populations.

 À l’origine, la commission devait soumettre à la Haute Appréciation de Sa Majesté le Roi à fin juin 2020 un rapport contenant les grandes inflexions souhaitables et les initiatives concrètes pour adapter le nouveau modèle de développement au Maroc, et permettre une croissance globale et inclusive, qui place le citoyen au cœur de ce modèle. Néanmoins, tenant compte de la crise sanitaire inédite générée par la pandémie du Covid-19, la date remise du rapport a été reporté, et la mission de la CSMD rallongée de 6 mois.

Le délai supplémentaire devait aussi permettre à la CSMD d’approfondir les différents volets du modèle de développement projeté et d’intégrer dans ses travaux les implications et les transformations engendrées par la crise sanitaire du Covid-19, ainsi que les enseignements qu’il convient d’en tirer à moyen et à long terme tant sur l’échelle nationale qu’internationale. Il faut dire que la pandémie du Covid-19 a impacté de manière indifférenciée autant les pays développés que les pays émergents et en développement, avec de fortes ponctions sur le PIB au cours de la première moitié de l’année 2020. À l’instar des autres pays, le Maroc a été fortement affecté par les conséquences de la crise, mettant à rude épreuve autant les capacités de son dispositif sanitaire à répondre à une forte demande de soins que la résilience de son économie à absorber les répercussions de cette crise inédite.

Néanmoins, le Maroc a su réagir rapidement avec la création d’une commission de veille Covid-19 pour contrôler la situation et élaborer des stratégies. Les mesures de soutien déployées en temps opportun ont permis au pays d’amortir les chocs économiques et sociaux auxquels il s’est trouvé confronté. Notons que les restrictions mises en place dans le contexte de la crise sanitaire n’ont pas interrompu les activités d’écoute et de consultations du CSMD, mais l’ont rendu davantage nécessaire pour saisir l’impact de l’épidémie, le processus de consultations élargies s'étant poursuivi en ligne et par vidéoconférence.


La contribution d’autres institutions pour le modèle de développement Maroc

D’autres institutions ont également contribué aux efforts consentis à même de concevoir le nouveau modèle de développement économique au Maroc.

L’Institut royal des études stratégiques (IRES) a lui par exemple publié son rapport stratégique 2019/2020 intitulé « Vers un nouveau modèle de développement ». Selon l’IRES, quatre ruptures majeures sont en train de changer la donne à l’échelle aussi bien nationale que mondiale : le passage de la valeur matérielle aux valeurs immatérielles, la revalorisation de l’humain, la fin de l’économie de prédation et l’émergence rapide de technologies disruptives.

L’institut a alors proposé les 4 piliers suivants pour le nouveau modèle de développement au Maroc :

  • remettre l’humain au cœur du développement ;
  • prendre soin de la nature ;
  • contribuer à la planétarisation ;
  • s’engager dans l’éxponentialité.


Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a également apporté sa part de contribution en publiant son propre rapport. Ainsi selon le CESE :

  • l’État se doit de garantir une offre de soins de santé de qualité, couvrant l’ensemble du territoire,
  • sécuriser les droits des citoyens à une justice probe, fiable et efficacement protectrice de la dignité des libertés et des droits fondamentaux des justiciables,
  • assurer le droit des citoyens à un service de transport collectif étendu, sûr et de qualité,
  • garantir l’accès à un logement décent et un cadre de vie digne
  • ériger l’accès à la culture et aux sports en causes prioritaires, en investissant dans les infrastructures, les équipements et la valorisation des talents.


Actuellement, les travaux sur le rapport du CSMD sont terminés. Il va être présenté très prochainement avant le déploiement de ce nouveau référentiel très attendu du nouveau modèle de développement au Maroc.