Emploi : Pas de reprise spectaculaire cette année

Tous les espoirs sont portés sur l’année 2021 durant laquelle le ciblage des catégories vulnérables pour qu’elles ne soient pas expulsées du marché de l’emploi et des entreprises les plus fragiles est jugé nécessaire. Le Centre marocain de conjoncture avertit que le marché du travail ne connaîtra qu’une reprise graduelle, étalée sur plusieurs années.
Source : L'économiste
Posté Le : Jeudi 15 avril 2021

Autrement dit, il ne faut pas s’attendre, en cas de reprise économique, à des effets spectaculaires sur l’emploi et, partant, à une réduction importante du chômage. Le redémarrage du processus productif s’effectuera d’une manière sélective, en fonction des potentialités des secteurs, de la taille et l’ancrage de l’entreprise ainsi que l’état de santé des économies environnantes.

L’effet pluviométrie et une campagne agricole qui s’annonce intéressante expliquent certes l’optimisme par rapport à la reprise de la croissance. Mais dans le non-agricole, plusieurs secteurs pâtissent toujours des répercussions économiques de la crise sanitaire. Le tourisme et son écosystème, le textile, culture et loisir, l’événementiel, le transport, les BTP… attendent la reprise des commandes et la fin de la crise sanitaire qui dépend à son tour de la disponibilité des vaccins.

L’année dernière, le PIB s’est contracté de 7%, ce qui s’est traduit par une perte de 432.000 emplois malgré le déploiement d’un dispositif massif de soutien aux entreprises. Elle s’est également caractérisée par l’écroulement du volume horaire de travail, l’aggravation du sous-emploi et du chômage. Une situation induite par deux événements : l’impact de la crise sanitaire et de la sécheresse.

Les pertes les plus importantes ont été observées au niveau de l’agriculture, forêt et pêche (273.000), suivis des services (107.000), devant l’industrie et artisanat (37.000) et fermant le pas avec les BTP qui ont perdu près de 9.000 postes d’emploi, majoritairement en milieu urbain… Ce qui a contribué à gonfler le stock des chômeurs de 322.000 actifs et à la sortie du marché de l’emploi des découragés, soit les personnes qui ont cessé de chercher activement un emploi. Ces derniers ne sont plus comptabilisés en tant que chômeurs mais classés comme inactifs.

Pour les experts du CMC, les mécanismes de relance budgétaire doivent prêter une attention particulière à la sauvegarde des revenus, particulièrement par un soutien à la régénération des emplois perdus. Le tout dans une protection combinée des ménages et des entreprises.

L’Etat a ainsi un rôle important à jouer pour «tonifier la demande globale et se servir de l’investissement public comme locomotive et pour pallier les déficiences des entreprises, toujours substantielles, en 2021». L’immunisation du marché du travail est liée à un regain de santé de l’économie qui dépend lui-même des réformes institutionnelles.