Economie du Maroc : L'état de l'économie marocaine

Dans cet article, le CMC fournit en bref un rapport de suivi réalisé par différents organismes évoquant leurs perspectives du développement économique au Maroc.
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Posté Le : Mercredi 9 septembre 2020

Les perspectives de développement économique

Au niveau mondial, il est très probable que l'économie générale connaisse pour 2020 sa pire récession depuis la Grande dépression, soit une récession plus importante que celle observée lors de la crise financière mondiale, il y a une dizaine d'années. Selon les prévisions, le « Grand confinement » devrait entraîner une forte décroissance. Une reprise partielle est prévue pour 2021, avec des taux de croissance supérieurs à la tendance, mais le niveau du PIB restera inférieur à la tendance d'avant la pandémie, avec la vigueur de la reprise qui reste à ce jour très incertaine.

Le Maroc ne sera pas non plus épargné par cette récession. Récemment en juillet 2020, la Banque Mondiale a publié son rapport de suivi de la situation économique au Maroc. Pour ses économistes, le Royaume traversera une profonde récession cette année, principalement en raison de l’épidémie de COVID-19, mais aussi des difficultés du secteur agricole dues à la faiblesse des précipitations qui ont aussi ses impacts sur l’économie générale au Maroc. Toutefois, la réponse proactive du Gouvernement a permis au pays d'éviter une épidémie massive, sauvant ainsi des vies. La poursuite de politiques pertinentes sera critique pour limiter l’impact économique, social et sanitaire de la crise et ainsi permettre une accélération de la reprise. Cela implique l’élaboration d’une feuille de route et un plan de relance pour un développement économique.

Selon la Banque Mondiale, une reprise économique assez longue est à prévoir

Selon le rapport de la Banque Mondiale, la croissance du PIB réel du Maroc a été revue à la baisse par rapport aux prévisions antérieures à l’épidémie, et ce, de 7,6 points de pourcentage, soit -4,0% en 2020, principalement en raison de l’impact de l’épidémie sur le développement économique non agricole (-4,2% en 2020). Selon l’analyse de ses économistes, on ne pourrait espérer un niveau antérieur à l’épidémie qu’en 2022 au plus tôt, ils prévoient ainsi une reprise économique assez longue. Selon toujours leurs estimations, le développement économique pourrait récupérer progressivement à moyen terme, mais avec un haut degré d’incertitude concernant le rythme et la durée de cette récupération à cause de plusieurs inconnues, y compris la découverte de vaccins ou de traitements pertinents contre la COVID-19.

Notons que ce rapport est produit par l’unité Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) de la Pratique mondiale pour la Macroéconomie, et le Commerce et l’Investissement (MTI) de l’institution de Bretton Woods. Cette dernière souligne que les entreprises marocaines, pour leur part, ont été confrontées à des perturbations des chaînes de valeur, à la mobilité des travailleurs, à des fermetures temporaires ainsi qu’à un ralentissement de la demande mondiale. Les effets négatifs combinés ont conduit à des pertes d’emplois et de revenus généralisées, néanmoins l’aide gouvernementale a en partie atténué la perte pour 19% des ménages. Selon alors les projections, le déficit du compte courant devrait se creuser et atteindre 8,4 % en 2020, ce qui va témoigner une forte baisse des recettes touristiques et d’exportation, mais aussi des transferts, et tout cela malgré la baisse des importations.

La relance de l’économie générale après la crise

Au niveau mondial, pour la relance de l’économie générale, on peut dire que la grande majorité des pays veulent adopter une stratégie de gestion de la crise en deux temps : une phase d'endiguement et de stabilisation, puis une phase de reprise. Au cours de ces deux phases, la politique de santé publique et la politique économique sont déterminantes. Les mises en quarantaine, le confinement et la distanciation sociale sont autant de mesures indispensables pour ralentir la transmission, donner au système de santé le temps de faire face à l'augmentation de la demande de ses services et gagner du temps pour la mise au point de traitements et d'un vaccin par les chercheurs. Ces mesures peuvent en effet contribuer à éviter un effondrement encore plus grave et prolongé de l'activité et jeter les bases d'une reprise économique.

En termes d’économie de marché, le modèle marocain a toujours été caractérisé par une grande ouverture vers l'extérieur. Depuis le début des années 80, Le Maroc a adopté une politique d’ouverture économique et financière visant le renforcement de la libéralisation des échanges extérieurs, une plus grande intégration de l'économie marocaine dans l'économie mondiale, et la contribution à la consolidation du système commercial multilatéral. Dans ce cadre, le Maroc a procédé à la simplification des procédures du commerce extérieur, la réduction de la protection tarifaire, l’élimination des mesures non tarifaires, l’amélioration du climat des affaires et des investissements, l’élargissement et la diversification des relations économiques et commerciales et enfin, la contribution de manière régulière à la consolidation du système commercial multilatéral. Cette ouverture est d’ailleurs illustrée par la signature de différents accords de libre-échange avec les principaux partenaires économiques, notamment l’Union Européenne, les États-Unis, les pays arabes et africains.

Selon l'équipe de recherche de CFG Bank dans une note d’analyse de l’impact de la crise du Covid-19 sur l’économie marocaine, elle prévoit un doublement du déficit budgétaire à 7,5% du PIB. Elle rappelle que la croissance du PIB au Maroc est principalement tirée par la consommation des ménages et les dépenses d'investissement du gouvernement, les deux étant intimement interdépendants. Face à cette situation, et pour réussir à lever des dettes supplémentaires sur le marché intérieur tout en évitant une éventuelle augmentation des rendements à court terme, la Banque centrale pourrait recourir à des mesures monétaires «non conventionnelles» telles que l'assouplissement quantitatif et des opérations d’open market. Elle pourra également acheter des obligations souveraines et des titres adossés à des créances hypothécaires sur le marché secondaire auprès des institutionnels (banques commerciales, fonds de retraite, compagnies d'assurance…), pour soutenir la capacité de ces investisseurs à acheter des obligations souveraines nouvellement émises sur le marché primaire.