Chômage au Maroc : Une hausse du taux de chômage au Maroc

Selon le HCP, le taux de chômage au Maroc est passé de 9,2% en 2019 à 11,9% en 2020 (2.7points), soit à son plus haut niveau sur la dernière décennie.
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Posté Le : Mardi 16 mars 2021

Les chiffres viennent d’être révélés par le haut-commissariat au Plan (HCP) : en2020, le taux de chômage Maroc a grimpé de 2,7 points et passe de 9,2% à 11,9%, soit à son plus haut niveau sur la dernière décennie. Tous les secteurs d’activité économique sont concernés, et autant en milieu rural qu’urbain la perte d’emploi s’est fortement accentuée. Selon le dernier rapport de l’institution publique chargée de la statistique, 432.000 postes d’emplois ont été perdus en 2020. Du fait de la pandémie de coronavirus et de la campagne agricole sèche, la situation a eu un impact conséquent sur le marché de l’emploi au Maroc, malgré le plan de soutien à l’économie mis en place par les autorités. Décryptage.

 

Les derniers chiffres du chômage au Maroc

En 2020, le marché du travail a endossé d’énormes conséquences dues à la crise sanitaire et la campagne agricole sèche. De la détérioration des postes d’emploi à une augmentation du chômage au Maroc, du sous-emploi et de l’inactivité, en passant par une baisse du volume horaire du travail… rien n’a été épargné.

Après une tendance à la baisse durant les trois dernières années, le taux de chômage a connu une hausse de 2,7 points, entre 2019 et 2020, passant de 9,2% à 11,9%. Cette hausse du taux de chômage au Maroc englobe l’ensemble des catégories de la population. Les jeunes de 15 à 24 ans sont frappés de plein fouet avec un taux de chômage de 31,2%, soit une hausse de 6,2 points. Ce taux s’est accru de 2,9 points pour les hommes (10,7%) et de 2,7 points pour les femmes (16,2%). Au niveau des diplômés, le taux de chômage est passé de 15,7 % à 18,5 %. Par type d’emplois, 255.000 postes rémunérés ont été perdus, 116.000 en milieu urbain et 139.000 en milieu rural. L’emploi non rémunéré a, de son côté, régressé de 176.000 postes, soit 157.000 en zones rurales et 19.000 en zones urbaines.

Pour ce qui est de la baisse du volume horaire du travail, le nombre moyen d’heures travaillées par semaine est passé de 45,2 % à 37,5 heures, soit une chute de 20 %, c'est-à-dire de 494 millions heures à 394 millions heures, équivalant à 2,1 millions emplois à temps plein. Le taux de sous-emploi est passé de 9,2% à 10,7% au niveau national. Les catégories ayant connu les hausses les plus importantes du taux de sous-emploi sont les personnes âgées de 45 à 59 ans (+2,3 points), celles n'ayant aucun diplôme (+1,9 point) et les hommes (+1,6 point).

Les effets négatifs de la crise sanitaire combinés à la sècheresse agricole ont été observés dans tous les secteurs. Parmi les plus touchés, 273.000 postes d’emploi du secteur de l’« agriculture, forêt et pêche» ont été perdues au niveau national, dont 266.000 dans le rural et 7.000 en milieu urbain. Vient ensuite le secteur des « services », avec 107.000 postes d’emploi perdus au niveau national, dont 91.000 en milieu urbain et 16.000 en milieu rural, soit 2,2% de baisse. L’ « industrie y et l’artisanat», quant à eux, accusent une baisse de 2,8 % du volume de l’emploi, avec une perte de 37.000 postes dont26.000 en milieu urbain et 11.000 en milieu rural. Le secteur du BTP fait aussi partie des segments les plus touchés avec ses 9.000 postes d’emploi perdus (8.000 postes en milieu urbain et 1.000 dans le rural).

 

Pourrait-on espérer une évolution positive par rapport à ce taux de chômage Maroc ?

Selon le HCP, la baisse structurelle du taux d’activité qui caractérise le marché de l’emploi au Maroc «s’est accentuée en 2020% ». Suite à une régression de 0,2 point en 2019, le taux d’activité a reculé d’un point en 2020 pour s’établir à 44,8 %. Il n’est plus à rappeler que le secteur du travail a été fortement influencé par la fermeture des frontières, mais aussi par le confinement, ainsi que la mauvaise campagne agricole, les principales actuelles causes de chômage au Maroc.

Malgré tous ces chiffres alarmants de 2020, l’économie marocaine pourrait quand même connaître une évolution positive pour cette année 2021 selon les prévisions. Le HCP prévoit dans son budget économique prévisionnel publié récemment un accroissement de 4,6% du PIB après la récession de 7% en 2020, avec une baisse du taux de chômage à 11,1%. La Banque centrale marocaine, elle, mise sur un rebond du PIB en 2021 même si les perspectives restent entourées d'un niveau exceptionnellement élevé d'incertitudes liées notamment à l'évolution de la pandémie.

Au cours des deux dernières décennies, le Maroc a réalisé des progrès sociaux et économiques significatifs en raison d’investissements publics importants, de réformes structurelles et de mesures visant à assurer la stabilité macroéconomique. La bonne posture de la plupart des baromètres conjoncturels disponibles confirme le redressement graduel de l’activité économique nationale. Toutefois, ce dynamisme favorable enregistré lors des derniers mois s’avère insuffisant pour éponger les retombées négatives de la crise sanitaire sur la croissance économique, comme il ressort de la situation des comptes nationaux relatifs au troisième trimestre 2020.

Le Maroc a été agité ces deux dernières années par des mouvements de protestation menés le plus souvent par des jeunes au chômage (plus de 4 jeunes urbains sur 10, soit 43,2%, âgés de 15 à 24 ans sont au chômage en 2020). Mais il faut dire que les « diplômés chômeurs » représentent une catégorie omniprésente du paysage protestataire du marché de l’emploi au Maroc depuis plus d’une quinzaine d’années.