Finances publiques : Les dépenses prennent le dessus sur les recettes

L’exécution de la loi de Finances 2019 au cours des quatre premiers mois a été marquée par une nette montée des dépenses ordinaires, prenant ainsi le dessus sur les recettes ordinaires. Ce qui s’est traduit par un solde ordinaire négatif de 1,1 milliard, même si le déficit du Trésor est en recul.
Source : Le Matin
Posté Le : Jeudi 16 mai 2019

L’embellie des finances publiques observée aux premiers mois de cette année commence à montrer des signes d’essoufflement. Le déficit du Trésor continue, certes, à évoluer à des niveaux inférieurs à ceux enregistrés l’année dernière, avec 14,1 milliards de DH à fin avril 2019, contre 15 milliards un an plus tôt.

Toutefois, le solde ordinaire, qui représente l’épargne de l’État, est devenu négatif de 1,1 milliard, après avoir été positif de 553 millions de DH un an auparavant, selon les chiffres publiés hier par la Trésorerie générale du Royaume (TGR).

Ce retournement de situation provient du fait que les dépenses ordinaires (11,6% à 81,72 milliards) ont pris le dessus sur les recettes ordinaires (9,2% à 80,62 milliards).

L’IR en forme, l’IS en méforme

L’augmentation des recettes ordinaires découle de plusieurs sources. Il en est ainsi des recettes douanières nettes (5,3%), dont l’évolution couvre une hausse de la TVA à l’importation (+4,7%) et de la taxe intérieure de consommation (TIC) sur les produits énergétiques (+16,5%) et une baisse des droits de douane (-8%). La TIC sur les tabacs manufacturés (+28,8%) a également bien assuré, ainsi que les autres TIC (+6,5%). Les recettes ordinaires ont aussi été soutenues par la fiscalité domestique (5,1%), dont la contribution sociale de solidarité sur les bénéfices qui a rapporté 1,92 milliard et l’IR (+13,2%), malgré la diminution de 20,2% des recettes de l’IR sur profits immobiliers. Par contre, l’IS (-1,2%), les droits d’enregistrement et de timbre (-4,9%) et la TVA à l’intérieur (-12%) n’étaient pas au rendez-vous de la performance. S’agissant des recettes non fiscales, elles ont bondi de 36,8%.

Les charges de la compensation explosent L’évolution à deux chiffres des dépenses ordinaires est due essentiellement aux charges de la compensation, dont les émissions ont enregistré un net bond (167,7%) par rapport à fin avril 2018. Elle provient également des remboursements, dégrèvements et restitutions fiscaux (63,1%), selon la TGR qui indique que le montant global des remboursements de TVA à l’intérieur et à l’importation est de 4,39 milliards, contre 2,26 milliards à fin avril 2018. Les charges en intérêts de la dette ont aussi augmenté (4%). Par contre, les dépenses de personnel ont enregistré un repli de 0,2%.

En ce qui concerne les dépenses d’investissement, elles ont progressé de 7,8%, passant à 24,7 milliards à fin avril 2019, en raison de la hausse de 24,5% des charges communes et de la baisse de 7,4% des dépenses des ministères.