Journée d’étude du CMC : Vivement un modèle de croissance résolument orienté export !

Le Maroc doit passer, sans plus tarder, de l’actuel modèle de croissance centré sur la demande intérieure, qui s’essouffle, à un modèle résolument orienté vers l’export.
Source : Le Matin
Posté Le : Vendredi 28 juin 2019

Pour ce faire, il doit opérer une transformation structurelle de son économie, avec notamment une diversification et une sophistication de sa production, sur fond d’une plus grande industrialisation. C’est la quintessence d’une journée d’étude organisée, hier à Casablanca, par le CMC.

Le choix d’un modèle de croissance résolument orienté vers l’export devient une nécessité urgente. Et ce, avec toutes les implications quant aux priorités en matière de politiques économiques et aux déterminants liés au positionnement à l’international. Cette réorientation est dictée par l’essoufflement de l’actuel modèle qui est centré sur la demande intérieure du fait notamment de l’étroitesse du marché local. C’est la conclusion à laquelle ont abouti la majorité des intervenants lors d’une journée d’étude organisée, hier à Casablanca, par le Centre marocain de conjoncture (CMC) sur le thème : «Le modèle d’exportation à l’horizon 2025». Ce changement de paradigme nécessite, toutefois, une transformation structurelle de l’économie en ce qu’elle implique comme diversification productive, modernisation de l’économie, amélioration des infrastructures et adaptation du cadre institutionnel, insiste Habib El Malki, président du CMC. Laquelle transformation structurelle se trouve au cœur du débat sur le nouveau modèle de développement, note-t-il. Et pour opérer cette transformation et aboutir à une économie «largement exportatrice» sur la base de la compétitivité, l’industrialisation s’avère un passage obligé, poursuit-il, estimant que changer de modèle suppose un changement culturel qui repose sur la prise de risque.

Même son de cloche auprès de Brahim Benjelloun Touimi, administrateur directeur général de BMCE Bank Of Africa, qui considère que l’industrialisation est cruciale pour la transformation structurelle de l’économie nationale et la place au cœur du renforcement du positionnent du Maroc dans la chaine de valeur mondiale. Mais, martèle l’économiste Mohamed Chiguer, encore faut-il que l’on ait une «vraie industrialisation» qui repose notamment sur une école publique de qualité et la R&D. L’intérêt du capital humain a été également relevé par Benjelloun Touimi qui a aussi insisté sur le développement durable pour une chaine de valeur verte et le développement du capital immatériel. L’enjeu est de taille. Seule une transformation structurelle de l’économie basée sur l’industrialisation permettra au Maroc d’avoir une offre exportable capable de se faire une place plus importante sur le marché mondial. Le Maroc justifie, en effet, d’une part de marché d’à peine 0,14% en 2018, contre 0,11% en 2001, relève Taoufik Abbad de la Direction des études et des prévisions financières. Ce dernier note que le Maroc a développé des spécialisations inadaptées à la demande mondiale.

Cette faiblesse de l’export se manifeste par d’autres données avancées lors de cette rencontre : à peine 4.000 produits sont exportés par le Maroc ; l’export représente seulement 25% du PIB, contre 43% pour l’import, et seuls 7 produits (sur les 240 que comporte la nomenclature) ont un contenu technologique moyen à élever, relève M’Hammed Tahraoui du CMC. De même, Mariam El Joubari, du Haut-commissariat au Plan, indique que seulement 68 produits sur 661 exportés répondent au critère de l’avantage comparatif.

Ce qui nécessite de se doter d’urgence d’une stratégie export, selon bon nombre d’intervenants. Parmi ces derniers, Hassan Sentissi El Idrissi, président de l’Association marocaine des exportateurs, qui a profité de la rencontre pour lister toute une série de revendications pour le développement des exportations.