Scénarios de croissance : Un taux de 6% à la portée du Maroc, mais…

L’économie marocaine dispose d’un potentiel de croissance important qui pourrait même dépasser 6% par an sur le long terme. Une telle perspective nécessite, toutefois, l’accélération du processus d’accumulation des facteurs et l’amélioration de son efficience. C’est ce qui ressort des simulations que viennent de réaliser les économistes du CMC.
Source : Le Matin
Posté Le : Lundi 18 septembre 2017

Si l’économie marocaine réalise parfois de piètres performances, ce n’est pas par manque de potentiel. Bien au contraire. La faute est plutôt au modèle de croissance adopté et aux politiques économiques mises en œuvre. C’est ce que montrent les résultats des simulations que viennent de réaliser les économistes du Centre marocain de conjoncture (CMC). Celles-ci font ressortir «un potentiel de croissance important pour l’économie marocaine dans les années à venir qui pourrait atteindre et même dépasser le seuil de 6% par an sur le long terme».

Encore faut-il actionner la bonne formule qui consiste notamment en l’accélération du processus d’accumulation des facteurs et d’amélioration de son efficience, selon le CMC. Sinon, le Maroc risque de tomber dans l’un des deux autres scénarios esquissés par le Centre qui font profiler stagnation ou régression, selon les mêmes simulations, dont les perspectives d’évolution de la demande mondiale adressée aux entreprises marocaines, les dépenses de l’État, la productivité et le taux de change sont les principales variables exogènes.

Ainsi, selon les auteurs de cette étude, la croissance de l’économie nationale pourrait atteindre selon le scénario dit «d’émergence» la moyenne de 6,3% par an au cours de la période 2017-2030. Ce qui devra se traduire par un «impact significatif» sur les revenus, les niveaux de vie et l’emploi. Le taux de chômage dans ce scénario d’émergence pourrait se réduire à 7,5% à l’horizon de la projection. La perspective économique présentée dans ce scénario est celle d’une économie réunissant les conditions favorables à une «croissance forte, auto-entretenue et inclusive», précise le CMC dans son dernier rapport annuel «Bulletin thématique», axé sur les perspectives de croissance à l’horizon 2030. Cette perspective, qui repose sur une vision optimiste de l’évolution de l’économie nationale et de son environnement pour les prochaines années, simule la trajectoire d’une économie en voie d’émergence, explique le CMC.

Ce qui n’est pas sans rappeler le scénario de rattrapage économique accéléré, développé par la Banque mondiale dans son dernier mémorandum économique pays destiné au Maroc et publié en mai dernier. Ce scénario évoque l’hypothèse d’une hausse de la productivité totale des facteurs de 2% par an et d’un accroissement du taux d’emploi de la population en âge de travailler à 55% en 2040 contre 45% en 2015. Ce qui donnerait lieu à une croissance tendancielle plus forte et durable d’au moins 4,5% par an jusqu’en 2040. Pour ce faire, le Maroc est appelé à opérer une transformation structurelle profonde de l’économie et des gains d’efficience substantiels, selon les économistes de la Banque mondiale qui insistent tout particulièrement sur l’accumulation de capital immatériel.